CHRONIQUES AFFECTIVES

 

 

KING'S X

 

01-The World around Me
02-Prisoner
03-The Big Picture
04-Lost In Germany
05-Chariot Song
06-Ooh Song
07-Junior's Gone Wild*
08-Not Just For The Dead
09-What I Know About Love
10-Black Flag
11-Dream In My Life
12-Silent Wind


*Bonus édition 7567-80506-2

KING'S X - 1992

Dès les premières mesures de "The world around me", on reconnaît les éléments caractéristiques de king's X même si le ton paraît irrémédiablement plus musclé que sur leurs précédentes productions.

Vraisemblablement contrariés par la modestie de leur succès malgré 3 albums d'excellente facture et une tournée mondiale en première partie d'AC DC, nos 3 texans semblent bien décidés à enfoncer le clou.

On sait maintenant qu'il s'agissait de leur dernière collaboration avec Sam Taylor ; ce fut également la plus aboutie. Peut-être que, conscients que cette union vivait ses dernières heures, ils se sont livrés sans retenue.

Bien qu'abordant des registres assez variés et même si la "patte" du compositeur ressort inexorablement sur la plupart des morceaux : power-pop songs aux refrains accrocheurs ("Prisoner", "Lost in Germany", "Black flag"), balade Beatlesienne ("Dream in my life") ou complainte orientalisante ("Not just for the dead") pour Ty ; morceaux de bravoure ("The big picture", "Chariot song", "Ooh song") ou basse vrombissante ("What i know about love") pour Doug, cet album est d'une homogénéité rare se terminant par un titre typiquement Kingsxien signé Ty ("Silent wind") comme il a démarré sur une composition de Doug dans la même veine ("The world around me").

Mais s'il contient son lot de tubes en puissance, aucun titre ne se dégage véritablement. Les 11 plages forment un tout indissociable et constituent un album sans faille, même le morceau bonus sur la version européenne, pourtant peut-être pas tout à fait au niveau des autres ("Junior's gone wild"), venant se fondre dans le moule sans difficultés.

Cet album est donc incontestablement celui de la maturité. Un seul mot d'ordre semble en effet avoir régné durant l'enregistrement de ce chef d'œuvre, l'excellence.

Jerry, tel un métronome, distille ses coups avec parcimonie mais sans se départir de sa redoutable efficacité. Il met en place des bases rythmiques incomparables, à la fois claires et puissantes.

La basse de Doug se fait tantôt féline, tantôt câline. Avec l'aide de ses 12 cordes, il tisse des lignes de basse savamment étudiées mais toujours au service du morceau.

Ty, quant à lui, a définitivement gagné sa place au Panthéon des grands guitaristes. Aussi à l'aise en rythmique qu'en solo, en acoustique qu'en électrique, il nous gratifie une fois encore de ses riffs uniques et chacune de ses interventions en lead nous emmène dans des contrées encore inexplorées, seuls les temps morts entre les différents titres nous permettant de reprendre (brièvement) haleine avant de repartir, tous les sens en éveil, vers une nouvelle aventure.

Et le chant, me direz-vous ?

Eh bien, sur cet album, Doug (Ty ne chantant seul que les couplets de "Not just for the dead" et "Dream in my life") chante mieux que jamais. Il éructe, il vocifère comme un damné, il est en permanence sur la corde raide. Il semble comme habité, possédé par une force extérieure qui donne à son chant - lequel se fait plus hargneux qu'à l'accoutumée, voire rageur - un relief et une ampleur inégalés. En fait, il n'a jamais aussi bien chanté, atteignant sans aucun doute son apogée vocale lors de cet enregistrement.

Quant aux chœurs, marque de fabrique du trio texan, s'ils sont toujours aussi présents et mélodieux, ils se font plus éthérés, moins gospeliens, comme pour gommer l'étiquette "christian band" qui leur avait été injustement accolée même si le côté mystérieux et mystique du groupe demeure notamment par la présence de symboles bibliques sur la pochette.

Au final, cet album est une pure merveille. S'il n'est pas aisément accessible au premier abord, une fois apprivoisé, il devient miraculeux, chaque nouvelle écoute offrant son lot de surprises comme un grand vin se dévoile à chaque dégustation avant d'offrir, enfin, sa plénitude à ceux qui ont su patienter.

Evidemment incontournable dans la discographie de tout fan de King's x qui se respecte, cette œuvre devrait aussi figurer, en bonne place, dans le parcours initiatique de tout candidat désireux d'atteindre le zénith en matière musicale.

Goldilox – octobre 2005

 

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