| « - Bonjour monsieur !
- Bonjour jeune homme.
- Je voudrais le dernier live de King's X s'il vous plait!
- le quoi ?
- Le dernier live de King's X!
- bah, j'ai le dernier Destiny's Child, mais le live de king machin, là, non j'ai pas! C'est du rap ou du R'N'B ?
- ......... »
Voilà une situation que nombre d'entre nous, pauvres fans français de King's X ont du rencontrer ces derniers jours. Alors qu'est sorti le tant attendu premier live officiel de notre trio préféré, on se demande bien où il est. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en l'écoutant, on ne peut que regretter cette distribution inexistante. Enfin... Avons-nous raisons de lutter contre vents et marées, marchands de kilos de musique, obscurantistes culturels de tous poils refusant de nous offrir cette extase sonore ? (Bon, je m'arrête là, le lyrisme, faut pas en abuser!)
Insérons le cd dans son lecteur, un volume raisonnable (juste de quoi ressentir le son, 120 dB, quoi!) et écoutons.
Groove machine, ça commence bien ! Mon pied échappe à tous contrôle, il frappe furieusement la mesure. Gros son, ÉNORME son, même si je trouve quand même le mix un peu trop gras... m'enfin les goûts et les couleurs. La basse vous colle au mur, la batterie est très présente (peut-être trop ?) et notre ami Ty nous assène un riff gras en distorsion. Doug est en forme, sa voix est puissante, rageuse. Il nous réveille encore à son âge, le bougre ! (Il en montrerait encore à pas mal de pseudos brailleurs de Nu Métal !) Les solis de guitares et de batterie sont furieux... bref, dès le premier titre, c'est l'extase et dire qu'il y a deux disques comme ça ! En tout cas, on salive d’avance quant à la suite ! Dogman confirme la première impression. L’interprétation est encore plus lourde que l’originale (Si, si ! je vous assure !), et là Doug m’achève, il éructe, se lâche littéralement. Les titres s'enchaînent alors, impeccables, furieux avec une grande cohésion dans leur choix (certes il manque... et... et puis j'aurais préféré... - complétez par vos titres préférés absents du disque.) Believe donne l’occasion à notre chanteur préféré de se lancer dans une diatribe encourageant chaque membre de l’assistance à croire en lui-même et à ne pas se laisser consumer par la peur ambiante régnant aux États-unis (Ça me rappelle le passage traitant de l’utilisation de la peur par les médias dans le documentaire de Michael Moore, Bowling For Columbine). C’est assez inattendu, en tout cas pour un pauvre pêcheur comme moi qui n’ai pas eu l’occasion de les voir live. (Et si, on arrive à vivre quand même, malgré cela, même si c’est dur !) Over My Head, attendu est certes bien jouée, mais moins puissante que la version issue de Woodstock 2 que l’on trouve sur le Best Of. (Je l’ai tellement écouté que le prêche central me manque !) Par contre, la reprise de Manic Depression est encore plus puissante que celle que l'on trouvait sur Dogman, une très grande reprise donc, avec Jeff Ament en bassiste guest star. À cet instant, l’enthousiasme est à son paroxysme, le plaisir est orgasmique, et puis arrivent les titres du Black Like Sunday et là... le niveau baisse. Pas au niveau du son, mais bon, j'aime vraiment pas ce disque dont je trouve les compos ternes, et ici, je trouve cela encore plus frappant quand ils suivent les 7 titres précédents. Enfin, pour ceux qui les aiment, pas de déception! Johnny me fait quand même sourire avec son groove un peu reggae qui rappelle un peu Police.
Le disque 2 commence par un set semi-acoustique (en fait Ty à la gratte folk mais qui utilise quand même une wha wha!) et là, par contre, ce ne sont pas les compos qui pêchent mais le son. Celui de Doug par exemple, s'il est très puissant avec un médiator (grâce à l'attaque incisive et hargneuse) ne passe pas quand il joue aux doigts. Du coup le son de la basse devient peu clair, presque bouseux. Celui de Ty n'est pas non plus inoubliable. Ça sonne quand même pas trop acoustique tout ça ! Dommage car le choix des titres interprétés ainsi est royal. Mention bien plus pour Goldilox (même si elle n'égale pas la version, inoubliable présente sur le bootleg Acoustic Groove, que tout le monde doit avoir!!!). Avec Talk to You, retour au gros son et aux compos terribles. Et quel gros son. Je trouve personnellement ce titre extraordinaire et l'interprétation en est puissante. Ce riff d’intro déjà lourd voit sa masse multipliée par 10 avec l’accord si bas des guitares. Tout devient ensuite crescendo, un Visions énorme, nerveux au solo très rapide. On sent l’envie du trio de bourriner un peu, après le set central tranquille. Debout les amis, King’s X c’est d’abord du gros son ! Si en mettant le disque 2 vous espériez passer une soirée romantique avec votre cher(e) et tendre, c’est loupé ! L’incontournable Summerland est bien évidemment interprétés ici, avec un invité inattendu, le public ! Celui-ci prend le chant pour le troisième couplet comme une grande communion, royal ! We Were Born to Be Loved, est une bonne surprise. Titre complexe rappelant la première période des rois, celle où les titres étaient plus triturés qu’aujourd'hui, il est interprété avec précision. Moanjam est démentiel, le groupe se lâche et rappelle au passage que king’s X c’est aussi trois très bons musiciens capables de nous en mettre plein la gueule, mais qui ne sont pas obnubilés par le nombre de notes jouées dans une mesure ! Pour se calmer et finir sereinement, on à le droit à du rab de Over My Head, en acoustique cette fois.
Au final, un excellent bootleg (au niveau du son, ça sonne cru, mieux qu'un bootleg cependant mais bien moins que de trop nombreux "live" où il ne reste pas un pet de travers), des titres énervés et imparables, même si la partie acoustique est moins touchante que je ne l'aurais espéré. En tout cas merci messieurs de King's x de nous offrir un tel album. Cela ne me fait que plus regretter de ne jamais vous voir live. |