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Emission « Radio in the Dark »

Tous les mercredis 20h-21h depuis janvier 2006

Sur Radio Calade (100,9 FM à Villefranche-sur-saône) et www.radio-calade.fr

Animateurs : Max et Julien

Contact : radiointhedark@laposte.net



Interview de Doug Pinnick (King’s X)

le samedi 23 avril 2011 au Ninkasi Kao de Lyon



Salut Doug, ça nous fait très plaisir de te rencontrer. Nous sommes les animateurs d’une émission rock sur une radio locale. Excuses-nous pour notre mauvais anglais !

Mais nous adorons votre accent !

Comment vas-tu ?

Je vais très bien et la tournée se passe bien !

En 2009, King’s X faisait un seul concert en France (au New Morning à Paris). Maintenant, le groupe est programmé sur 4 dates dans notre pays ! Comment expliques-tu le récent intérêt des promoteurs pour le groupe ?

Je ne sais pas mais je suis heureux ! Nous avons besoin de plus de promoteurs pour nous faire venir en France. C’est pourquoi nous ne pouvions pas venir auparavant. Donc je suis content. Nous en voulons plus ! Dis-leurs (rires) !

Ton groupe est loué par la presse. Les chroniques de votre dernier album, XV, ont été excellentes. De nombreux groupes ont été influencés par King’s X. Des albums comme Gretchen goes to Nebraska ou Dogman sont des chefs-d’œuvre. Mais tu as souvent dit que le succès commercial était mitigé. Quels sont tes sentiments à ce propos ?

Je suis OK avec ça maintenant. Car ça fait très longtemps. J’ai 60 ans et je regarde en arrière toute l’histoire de King’s X. Même si ça ne s’est pas passé comme je l’aurais souhaité, ça s’est bien passé et je suis encore capable de faire de la musique. Alors je suis OK maintenant. Mais j’ai été très peiné dans le passé. Car tous nos amis se faisaient beaucoup d’argent et nous non (rires).

Ceci explique les paroles de la chanson « The Train »…

Oui. Nous avions pensé à arrêter le groupe comme l’explique la chanson. Mais nous ne l’avons pas fait (rires). La chanson était trop bonne (rires) !

Et vous allez la jouer ce soir !

Oui !

Le business de la musique a beaucoup changé ces dernières années. Les gens écoutent des MP3 au lieu d’acheter les albums, les studios disparaissent. Quels sont tes sentiments au sujet de cette nouvelle scène ?

Je pense que c’est bien. Car ça met en place un nouveau niveau. Nous devons arriver à comprendre comment faire et vendre notre musique. Nous n’avons pas de grosses majors et de personnes avec beaucoup d’argent qui nous contrôlent. Donc nous sommes libres de faire ce que nous voulons. C’est très difficile car nous ne savons pas ce qui nous devons faire. Mais nous apprenons. Je pense que c’est une bonne chose. Je dis toujours que le terrain de jeux a été nivelé. Nous devons le remplir de nouveau.

Le 8 mars est sorti le premier album de Tres Mts., nommé Three Mountains, projet que tu as formé avec Jeff Ament, bassiste de Pearl Jam. Pearl Jam est un groupe très connu, aux Etats-Unis mais également en Europe. Penses-tu que le projet Tres Mountains incitera les gens à découvrir la musique de King’s X ?

Je l’espère (rires) ! C’est le but ! C’est aussi pourquoi nous l’avons fait : nous exposer à d’autres fans d’autres groupes. Et Tres Moutains a été très fun !

Et la musique est en plus très bonne !

Merci (rires) !

Avez-vous le projet d’entrer en studio afin d’enregistrer un nouvel album de King’s X ?

Oui mais nous ne savons pas quand. Nous allons finir cette tournée, rentrer aux Etats-Unis et voir ce que nous allons faire ensuite. Nous avons des projets parallèles. Nous avons des albums solos sur lesquels nous allons travailler. Il y aura un nouvel album de King’s X mais je ne suis pas sûre quand, peut-être dans 2 ans.

Penses-tu que Michael Wagener le produira une nouvelle fois (comme Ogre Tones et XV) ?

Non, je pense que nous allons chercher un nouveau producteur.

Ou vous produire vous-mêmes ?

Non, nous voulons quelqu’un d’autre ! Pour expérimenter, essayer avec de nouvelles personnes. Ils peuvent nous inspirer à essayer quelque chose de nouveau, essayer d’être différent. On ne doit pas rester avec le même producteur tout le temps.

Peux-tu décrire le processus de composition dans King’s X ?

Nous le faisons de trois façons : Ty, moi et Jerry composons nos propres chansons dans nos studios et nous réunissons et disons « voilà les chansons ». Si nous les aimons, très bien, sinon tant pis. Je mets les démos des chansons pour King’s X dans mes albums solos (rires) ! Car je les aime toutes ! Des fois on écrit ensemble et des fois de façon individuelle. Tout dépend. Nous essayons diverses approches.

Quand tu amènes une chanson, est-ce que les autres membres du groupe essaient de la faire à leur manière ?

Des fois nous la changeons et d’autres fois nous la faisons exactement comme la démo. Ca dépend de comment ils la sentent (rires) !

Revenons en arrière si tu le veux bien. Comment t’es-tu intéressé à la musique ?

J’ai toujours aimé la musique, depuis que je me souvienne. J’écoutais de la musique tout le temps quand j’étais enfant. A chaque moment où quelqu’un jouait de la musique j’écoutais. J’avais beaucoup d’amis, de parents, de personnes à l’école, professeurs qui aimaient la musique alors ils me laissaient les écouter. J’écoutais tout le monde. Mes cousins, mes oncles et d’autres parents jouaient de la musique à la maison. Quand j’avais dans les 20 ans, j’allais rendre visite à mes amis et j’étais assis à écouter la musique pendant que tout le monde faisaient la fête (rires) ! J’ai toujours été obsédé par la musique. C’était ma drogue (rires) !

Et c’est une bonne addiction (rires) !

Oui (rires) !

Quand as-tu commencé à jouer de la basse ?

A 23 ans. C’est très tard. J’adore la basse et j’ai toujours voulu en jouer. Mais ça m’a pris longtemps pour m’y mettre. Je ne sais pas pourquoi. Quelqu’un m’a dit : « Doug, va t’acheter une basse et mets-y toi ! » (rires) Et je suis allé m’en acheter une (rires) ! C’est ce qui s’est passé.

Pourquoi la basse et pas la guitare par exemple ?

Je ne sais pas. J’ai toujours aimé la basse. En grandissant, dans la musique, la Soul en particulier, la basse était forte. Dans les années 70, la basse était forte et c’est la musique que j’aime. Dans les années 90 et 80 il n’y avait pas de basse. On ne la mettait pas forte dans les disques. Pourquoi ? Mettez-la plus forte (rires) ! J’aimais tellement la basse que j’ai voulu en jouer. Je pense que la basse est très importante.

Est-ce pour cette raison que as voulu avoir un son très particulier avec un ampli basse pour les graves et un ampli guitare saturé pour les aigus ?

Ca vient de Chris Squire (Yes) et John Entwistle (The Who). Je voulais sonner comme eux. J’adore ce son.

Quels sont tes albums préférés ?

Il y en a bien trop !

Le premier ?

Le premier dont je me souvienne est celui d’un groupe nommé The Staple Singers. C’était du Gospel. J’avais 3 ans, c’était en 1953. La voix était tellement puissante. Ensuite il y a eu Mahalia Jackson, une ancienne chanteuse de Gospel, puis Ray Charles, Little Richard, Chuck Berry. C’était dans les années 50, j’étais un petit garçon. J’adore toute la musique Soul, le Blues : Muddy Waters, BB King. Puis, plus vieux, à 14 ans, j’ai découvert les Beatles. J’adore les Beatles, les Rolling Stones. Puis Led Zeppelin est arrivé. Wah ! Led Zeppelin II : « qu’est-ce que c’est ?! » Car c’était tellement soul mais c’était aussi rock. J’aimais ça. Les années 70 ont été ma plus grande influence, tous les groupes des années 70 : Yes, Kansas, Genesis, Gentle Giant, Deep Purple, Black Sabbath. Dans les années 80, c’était U2, Simple Minds, Big Country, The Cult, Killing Joke. Dans les années 90, j’ai tout aimé car les années 90 sonnaient comme King’s X. C’est ma période préférée car je sens que j’en faisais partie. Pour les années 2000, je ne sais pas ce qu’il en est. Tout le monde est perdu dans les années 2000, va savoir pourquoi (rires) !

Je trouve qu’il y avait une certaine liberté dans les années 70 qu’on a retrouvée dans les années 90.

Oui, tout à fait et j’espère qu’on va revenir à cette liberté.

Jerry, Ty et toi depuis le début. Comment expliques-tu la stabilité du line-up alors que tant de groupes implosent ?

Je ne sais pas… On ne sait pas. On parle souvent de ce sujet, pourquoi sommes-nous toujours ensemble. Je pense que nous aimons jouer les uns avec les autres. J’adore jouer avec Ty et Jerry plus qu’avec n’importe qui. Je pense qu’il y a quelque chose de magique quand nous jouons ensemble. Et les gens nous le disent. Alors on continue. Nous nous adorons et nous nous détestons (rires) !

As-tu des regrets dans ta carrière de musicien ?

(longue réflexion) Beaucoup de regrets. Mais je ne voudrais rien changer. Je suis là à parler avec vous et tout va bien. Alors je ne veux rien changer (rires) ! Mon seul regret est que j’aimerais avoir plus d’argent (rires) ! Mais c’est le cas de tout le monde (rires) !

As-tu réalisé tes rêves, musicalement parlant ?

Oui. Je me sens comme un grand-père aujourd’hui quand les jeunes me regardent. Je n’ai plus rien à prouver. Je l’ai fait et maintenant je prends juste du plaisir.

En dehors de la musique, as-tu d’autres intérêts ?

Non. Seulement la musique. Je ne veux passer du temps sur quelque chose d’autre que ma musique. Et c’est ce que je fais (rires) !

Est-ce qu’il y a quelque chose que tu veux ajouter à cette interview ?

Ce que tu veux (rires) !

Tu as 60 ans. Quel est ton secret ?

Gin, du bon gin (rires) ! Ma famille est comme ça. Nous ne devenons pas vieux. Personne dans ma famille ne devient vieux (rires) ! Nous mourrons mais ne devenons jamais vieux (rires) !

Un grand merci à Doug Pinnick pour sa gentillesse et sa disponibilité

Merci à Valérie Reux et Roger Wessier qui ont permis cette interview

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